Les terroirs de Saint-Emilion

Les différents terroirs de Saint-Emilion

Une dégustation qui démarre avec le traditionnel verre d'accueil. Pour aujourd'hui :

L'esprit de Chevalier - Pessac-Léognan 2018 (blanc)

4 grands types de terroirs sur l’appellation :

Plaine sablo-graveleuses

Terrasse de graves silico-argileuse

Côtes et vallons argilo-calcaires

Plateau calcaire

Château Quinault l’Enclos - Saint-Emilion Grand Cru 2017

Merlot (62 %) - Cabernet sauvignon (22 %) - Cabernet franc (16 %)

19 hectares, clos de murs, sur la commune de Libourne, proche de la Dordogne. Le clos regroupe en son sein cinq types de sol, à dominante de graves. Il appartient au célèbre Château Cheval Blanc, Premier Grand Cru classé A, depuis 2008. L’encépagement du château tend aujourd’hui vers 10% de cabernet-franc, 60% de merlot et 30% de cabernet-sauvignon, issus de sélection massale du Château Cheval Blanc pour garantir l’excellence du matériel végétal.

Robe rubis d’intensité moyenne avec quelques reflets grenat ; nez de sous-bois, de cuir, de violette, de mûre et de cerise ; la bouche est ronde, tout en souplesse avec des tanins totalement fondus ; on retrouve les notes de fruits et de sous-bois sur un corps moyen ; de l’acidité et de la salinité sur une finale de longueur moyenne. Un vin agréable au style plutôt léger, qui manque un peu de personnalité pour nous faire chavirer. A boire car le fruit s’efface au profit des notes d’évolution.

 

Château Croix Cardinale 2015 - Saint-Emilion Grand Cru 2015

Merlot (70 %) - Cabernet franc (30 %)

4 hectares située sur la commune de Saint-Etienne de Lisse, au sud-est du village, versant sud. Depuis 2001, c’est la famille Decoster qui a repris les propriétés. Création du groupe Maison Cardinale en 2024. Croix Cardinale est la seconde propriété du groupe après La Fleur Cardinale, grand cru classé.

Sol argilo-calcaire, planté à hauteur de 30% cabernet sauvignon, 30% cabernet franc, 40% merlot. Actuellement, le style évolue considérablement et tend vers une proportion de Cabernets franc et sauvignon plus importante que de merlot.

Robe rubis d’intensité moyenne + ; nez de mûre, de fruits rouges, de cèdre et de cuir ; bouche juteuse aux tanins + mais bien intégrés ; un vin avec de la mâche, de la structure, mais également beaucoup de fraîcheur ; bonne acidité ; longueur moyenne sur une finale gourmande et épicée ; une bouteille à l’image de ce que représente un vin de cette AOC pour la majorité de l’assemblée ; plaisir unanime ; un vin très bien fait et prêt à boire même s’il peut vieillir sans problème.

 

Château Villemaurine - Saint-Emilion Grand Cru 2006

Merlot (80 %) - Cabernet franc (20 %) (Proportion variable selon les millésimes)

12 hectares implanté au cœur du plateau calcaire de Saint-Emilion, proche de la cité. Les 7 hectares historiques du Château d’un seul tenant, en haut du plateau calcaire à astéries + 5 hectares répartis sur les parties ouest et est du plateau (argilo-calcaire). En 2005, après 25 ans de bail de fermage auprès de l’Union Française de Gestion, la famille Onclin arrive et entreprend d'importants travaux de rénovation des bâtiments et de la vigne, hissant alors le domaine parmi les fleurons de l'appellation. Le Château appartient à la famille Lefevere depuis 2021.

Robe grenat 1 peu trouble d’intensité moyenne – avec des reflets tuilés ; fruit éteint au nez, cuir, sous-bois, chlorophylle ; attaque marquée par une belle acidité, les fruits rouges et la fraîcheur ; les tanins ressortent mais sont d’une finesse notable ; longueur moyenne et salivante. Clairement un vin plutôt élégant qui s’oriente sur un registre tertiaire, et qui ne plaît pas forcément à tout le monde.

 

Clos de l’Oratoire - Saint-Emilion Grand Cru 1990

Merlot (80 %) - Cabernet franc (20 %) (Variable selon les millésimes)

Le Château se situe au sud-est du village, au pied du plateau. Vignoble de 13 hectares implantés sur un terroir argilo-calcaire et molasse en haut de côte, et argilo-sableux en bas de côte. Depuis 1971, il appartient à la famille Von Neipperg, propriétaire d’autres grands Châteaux sur l’appellation (Vignobles Comtes Von Neipperg). Ce n’est seulement qu’à partir de 1991 que Stephan Von Neipperg en reprend entièrement le contrôle et impulse son style actuel.

Vin dégusté à l’aveugle : robe orangée d’intensité moyenne - ; nez fumé et frais de cuir, de café, de chlorophylle, avec une très légère note métallique ; bouche avec encore du fruit et de la fraîcheur ; attaque souple avec une belle acidité ; tanins totalement fondus ; bouche digeste et salivante de longueur moyenne avec une touche de fruits cuits en finale qui laisse transparaître une légère note alcooleuse. Longueur tout à fait honorable. Un beau vin à l’évolution remarquable apprécié par toute l’assemblée.

Conclusion

Une dégustation très intéressante qui nous montre l’importance du terroir et du Château, mais aussi du millésime. Il semble également évident que cette appellation n’est pas forcément destinée à une longue garde.

En effet, 2015 et 1990 s’en sortent très bien alors que 2017 et 2006 sont plus en retrait. Cette impression se confirme au buffet avec 4 nouveaux Saint-Emilion Grand Cru, 3 d’entre-deux se montreront complètement fanés et seront juste dégustés « pour la science ». A noter également une qualité de bouchons très médiocre sur ces bouteilles, comme le montre la photo ci-dessus. Nous nous rattraperons malgré tout avec un superbe Canon-Fronsac de Jean-Yves Millaire, ainsi qu’avec le fameux Fontenil du regretté Michel Rolland.

 

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